L’expérience d’un volontaire

Arrivée : D’ici à là-bas

"Il y a deux choses qui frappent lorsqu'on arrive en Malaisie : la première, c'est la chaleur intense et l'humidité, la deuxième, c'est le mélange unique de cultures et de traditions. Une promenade dans les rues de n'importe quelle ville de Malaisie constitue une expérience sensorielle remarquable. " Tiré du journal de Marc Cockburn, volontaire de CCI.

L'arrivée dans votre pays d'accueil sera une expérience passionnante. Vos sens seront captivés par la nouveauté de votre environnement, la rencontre de nouvelles personnes, le décor et les bruits non familiers - le pouls de la vie dans votre pays d'accueil.

Les anciens volontaires affirment qu'ils ont mis plusieurs semaines (voir même plusieurs mois) à intégrer cette nouveauté dans leur vie quotidienne et à véritablement se sentir chez eux. Vous vivrez peut-être un choc culturel qui se traduira par divers symptômes physiques et émotionnels. Si vous êtes bien préparé, vous réussirez à transformer ces sentiments en une expérience d'apprentissage positive.

Le travail : ce qu’on attend de vous au travail

De nombreuses recherches ont été effectuées sur les partenariats Nord-Sud et le rôle des ONG du Nord en ce qui a trait à la valorisation du potentiel des pays du Sud. La plus grande leçon que l'on peut tirer de ce travail est peut-être que la notion d'" experts " venant du Nord pour dire au Sud ce qu'il doit faire est tout à fait contraire à l'esprit du développement international en ce 21e siècle.

C'est à vous de vous adapter à votre nouvel environnement de travail et à trouver des façons de réaliser vos objectifs avec vos collègues locaux dans une atmosphère de collaboration et de respect. Oui, vous avez des compétences à partager (et c'est la raison pour laquelle une agence vous a choisi pour travailler outre-mer), mais vous avez aussi beaucoup à apprendre.

Le mode de vie : la vie outre-mer

Les activités que vous faites en dehors de votre stage de travail vous offrent aussi de nombreuses occasions d'apprendre. Il se peut que vous soyez hébergé dans des familles d'accueil, partageant ainsi leur toit et leurs activités familiales. Dans d'autres cas, vous aurez votre propre logement et vous subviendrez vous-même à vos besoins - emplettes, cuisine, tâches ménagères. Les programmes de groupe fonctionnent parfois différemment, les participants pouvant être hébergés dans un type de dortoir ou dans un camp temporaire.

Les commodités que vous tenez pour acquis chez vous, comme l'eau courante et l'électricité, risquent de ne pas être disponibles là-bas. Les transports et les communications - même dans les grandes villes - seront probablement différents de ce à quoi vous êtes habitué au Canada.

L'aspect le plus important de votre séjour outre-mer sera peut-être les amitiés que vous développerez au travail ou dans votre communauté. Voici les propos d'une volontaire de l'EUMC, Lillith Bliss Brook : " Mama Leineing a joué un rôle primordial en ce qui concerne mon adaptation au Botswana. Je me sentais très rassurée lorsque le soir, elle me racontait comment elle avait cultivé la terre, fait pousser et moissonné des récoltes avec ses enfants. Sa vie et son attachement à la terre me font penser à ce que ma mère et ma grand-mère ont vécu. Elle parlait de respect de la terre, et ses paroles m'ont fait prendre conscience de la valeur de la terre pour ma famille, dans mon pays, pourquoi elle ne la quittera jamais et pourquoi c'est important que je ne parte jamais non plus."

Écouter et apprendre : apprendre à devenir un citoyen du monde en action

Être un citoyen du monde en action, ça signifie être prêt à changer soi-même. Votre expérience en tant que volontaire sera beaucoup plus enrichissante si vous cherchez des façons d'étendre vos horizons. Par exemple, vous pourriez visiter une école de votre quartier, participer à une réunion communautaire ou vous renseigner sur les micro-entreprises. Être à l'écoute d'une culture que vous ne connaissez pas peut se faire de différentes façons.

Voici un extrait du journal de Michelle Miller, volontaire de CCI : " Lorsque je marche, je regarde toujours par terre pour voir les différentes empreintes : des pieds nus, des chaussures, des traces d'animaux et des mille-pattes. Pour moi, c'est ça l'Afrique, puisque tout le monde voyage à pied. C'est vraiment bien, car les gens se saluent plutôt que de filer à toute allure dans leur véhicule."

Le partenariat : s’unir pour changer les choses

Voici un commentaire de Carla Casteñada, ancienne volontaire de CUSO : " Les gens avec qui je travaille sont passionnés et engagés. Le travail est actif et les problèmes sont urgents tant au niveau des Tanzaniens qu'à l'échelle internationale. C'est excitant de travailler dans un environnement vivant au sein d'un organisme en pleine croissance où la pensée critique, l'initiative et la créativité sont appréciés. " Selon les conseils des anciens participants, la clé d'un stage réussi est de le considérer comme un partenariat.

Voici un commentaire Lara Spiers, une ancienne volontaire de YCI qui a participé à un projet de groupe dans les Îles Salomon : " Tout au long de notre projet de construction, je me disais que les ouvriers locaux pourraient travailler plus vite que moi. J'ai vite appris que ce n'étaient pas mes connaissances (ni mon manque de connaissances) qui faisaient avancer le travail, mais plutôt l'échange d'idées. Nous avons mis sur pied des infrastructures dans la communauté, mais nous n'avons jamais travaillé sans la collaboration des villageois. " En tant que volontaire, vous êtes un collaborateur qui travaille avec des collègues. S'unir pour changer les choses.

Le respect : la compréhension interculturelle

Durant votre formation pré-départ, vous aborderez le sujet de la compréhension interculturelle, mais cette conscientisation est seulement la première étape de la sensibilisation aux réalités culturelles. Vous devrez apprendre à regarder et à écouter d'une nouvelle façon. Les anciens volontaires affirment qu'il n'est pas bon de toujours faire des comparaisons avec la vie au Canada. Au lieu de cela, observez les coutumes et traditions locales dans le cadre de l'environnement, des ressources et de la culture du pays.

Scott Sheffield, un conseiller du SACO qui a travaillé au Bangladesh, respectait l'esprit d'initiative et la créativité des gens qui vivaient autour de lui. " Rien, absolument rien n'est gaspillé dans cette culture. Bon nombre d'habitants vivent dans des huttes en bambou et dorment sur des matelas d'herbes tressées. Les femmes et les enfants rassemblent des feuilles séchées et de la vigne pour la cuisine. Chaque matin, nous les voyons balayer l'herbe, ramasser des feuilles et des brindilles dans des sacs de jute et les rapporter chez elles sur leur tête. Ils les brûlent ensuite afin d'éloigner les moustiques au lever et au coucher du soleil. "

Vous devrez peut-être également vous adapter aux normes sociales. Par exemple, il se peut que vous ayez à modifier votre habillement ou votre langage corporel. Et, en ce qui concerne la langue, même si la vôtre est couramment parlée dans votre pays d'accueil, c'est une marque de respect que d'essayer (pas besoin d'être un expert) de dire certaines phrases clés dans la langue locale.

Ne soyez pas surpris si vos collègues et vos nouveaux amis font des hypothèses sur vous et votre vie au Canada. Dans une relation de respect mutuel, vous arriverez à éliminer les stéréotypes tels que ceux voulant que tous les Canadiens et Canadiennes soient blancs, riches, très instruits et qu'ils aient de bons emplois.

Le partage : soutenir le partenariat

Sandy Abraham, volontaire du SACO et spécialiste en développement de programmes de formation professionnelle, a travaillé avec un petit organisme de développement communautaire en Inde. Cet organisme offrait un programme d'éducation non institutionnelle pour les femmes de 12 villages frappés par la pauvreté. Les femmes travaillaient 12 heures par jour à concasser de la roche dans une carrière. Lorsque Sandy est retournée à Kamloops, en Colombie-Britannique, elle a recueilli des fonds auprès de ses amis et de sa famille pour permettre à l'organisme pour lequel elle avait travaillé d'embaucher un coordonnateur local à temps plein. Elle a aussi obtenu d'un collège (Caribou University College) quatre boîtes remplies de manuels qu'elle a envoyées au président de l'association de développement communautaire, qui était aussi le directeur d'un collège préuniversitaire défavorisé.

Il s'agit d'un exemple où une volontaire a continué à être partenaire après son stage de travail. Il existe de nombreux autres exemples où des volontaires sont restés liés à leur projet ou communauté. Certaines amitiés qui sont nées lors d'un séjour outre-mer durent toute une vie. Et il arrive que des amis connus outre-mer puissent venir en visite au Canada. t il existe une autre manière de soutenir le partenariat. Certaines agences offrent des programmes d'échange afin que les partenaires du Sud aient l'occasion de faire stage de travail volontaire ou de faire partie d'un projet de groupe au Canada.

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