Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Le temps est venu pour les États de s’unir afin de former un partenariat mondial pour le développement qui reconnaît les responsabilités et les besoins que nous partageons, ainsi que notre interconnectivité et notre interdépendance absolues. Il faut changer les règles pour en introduire de nouvelles qui sont équitables envers toutes les nations et tous les peuples.
OMD ciblé : « Répondre aux besoins particuliers des États les moins développés, des États enclavés et des petits États insulaires en développement. »
OMD ciblé : « Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des règles, prévisibles et non discriminatoires. »
OMD ciblé : « Traiter globalement le problème de la dette des pays en développement. »
OMD ciblé : « En coopération avec les pays en développement, créer des emplois décents et productifs pour les jeunes. »
OMD ciblé : « En coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les pays en développement. »
OMD ciblé : « En coopération avec le secteur privé, mettre les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information et de la communication, à la portée de tous. »
Grâce à une augmentation des fonds consacrés à l’allégement de la dette, l’aide totale accordée aux nations en développement enregistre une augmentation importante depuis 1997. En 2005, l’aide représentait environ le tiers de un pourcent des revenus nationaux combinés des donateurs. Ces sommes constituent évidemment une amélioration, mais elles sont loin d’être suffisantes. Seulement cinq pays, dont le Canada, ont atteint la cible visée – consacrer à l’aide 7 % de leur produit national brut.
Il n’y a pas assez de fonds spécifiquement consacrés à la réduction de la pauvreté à long terme (une grande part, par exemple, sont consacrés à l’allégement de la dette ou aux secours d’urgence et l’aide à la suite de désastres, des attributions importantes mais qui ne favorisent pas l’élimination de la pauvreté à long terme). Présentement, environ un tiers du total des fonds d’aide sont acheminés vers les 50 pays les moins développés.
Les règles commerciales ont légèrement changé : quelque trois quarts des exportations produites par les pays en développement pénètrent maintenant les marchés des pays développés sans l’imposition de tarifs prohibitifs. Toutefois, les vêtements et les produits agricoles, qui comptent parmi les produits générant des revenus essentiels pour les pays en développement, continuent de faire l’objet de lourdes taxes inéquitables, alors que dans les pays nantis, les industries qui fabriquent ces produits sont subventionnées.
Certaines mesures ont été prises concernant l’allègement de la dette, et certains pays ont bénéficié d’une diminution de dette. Cependant, une telle réduction est souvent sujette à des conditions strictes, et de nombreux États qui ont désespérément besoin d’aide n’ont encore rien reçu.
Le Groupe mondial pour l’accès au traitement (GMAT) est un groupe de travail composé d’organisation de développement international, de syndicats, d’agences de défense des droits de la personne, d’organismes humanitaires, de groupes confessionnels et d’agences de services aux personnes atteintes de sida qui promeuvent l’accès aux médicaments essentiels dans les pays en développement ainsi que des services de soutien aux gens de ces pays qui vivent avec le VIH et le sida. Ce groupe a émis des réponses et des recommandations concernant les questions suivantes : comment le Canada pourrait-il contribuer à la résolution du problème, réclamer l’allègement de la dette, respecter l’engagement qu’il a pris, soit de rendre abordables les coûts des médicaments, faire sa part sur le plan de la prévention et des soins dans les pays en développement, et injecter des fonds dans les systèmes de santé publique de ces pays?
Nous espérons voir des actions concrètes dans ces dossiers.
En fait, malgré une initiative canadienne – fort louangée – qui donne feu vert à l’exportation de médicaments génériques abordables vers les pays en développement, les patients n’ont pas encore reçu un seul comprimé à la suite de la nouvelle loi. Des formalités administratives imposées par la réglementation de l’Organisation mondiale du commerce imposent des mois et des mois de négociations et de marchandage ardus entre les nombreux interlocuteurs, notamment les pays exportateurs comme le Canada, les importateurs ayant besoin des médicaments pour leur population, les fabricants de génériques, et les firmes pharmaceutiques qui détiennent les brevets originaux des médicaments. Toutes ces démarches freinent l’acheminement des médicaments vers les pays qui en ont besoin et réduisent les incitatifs économiques qui pourraient favoriser la participation des fabricants de médicaments.
Le gouvernement canadien a ajouté à cela d’autres mesures bureaucratiques : les médicaments génériques doivent être approuvés par Santé Canada (même s’ils sont approuvés par l’Organisation mondiale de la santé) et doivent être intégrés à une liste de médicaments approuvés par la loi (un processus qui nécessite aussi des mois – à ce jour, même les médicaments antirétroviraux combinés les plus en demande n’ont pas été approuvés). De plus, le Canada impose des limites sur la quantité de médicaments qu’un pays peut acheter et sur la durée de la période d’exportation.
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